Duo à 2

All You Need Is Love

by on avr.25, 2009, under Opinion

Ça commence par les premières mesures de « La Marseillaise » : Po-pom-po-pom-pooom-pooom-pooom-poooooooooom… Mais ce n’est pas « La Marseillaise ». C’est… c’est…

« All You Need Is Love ». Yes! Vous le saviez! Trop fort.

Créé par Lennon et Mc Cartney à la fin des années soixante, c’est l’hymne à l’amour des Fab Four, en cette queue de comète du Flower Power californien, celle qui a embrasé l’été 67 et qui n’en finit pas de répandre ses parfums d’encens au gazon jusques-z-aux confins du vieux continent.

Papé du clip, le scopitone : happening  psyché-bordélique et joyeux où les musiciens costumés jouent au milieu du public, images dévorées des yeux sur le téléviseur en acajou où cette damned couleur se fait attendre. « Love, love, love… » Ce n’est certes pas ma chanson préférée de la bande des 4, mais elle possède un charme tout particulier, un air du temps, un brin, pour ne pas dire une belle touffe de naïveté dont seule cette fin des sixties pouvait nous gratifier. Insouciance, légèreté, adolescence sans plomb.

Et cible idéale de plusieurs générations de caricaturistes pour qui le « baba cool » ne peut apparaître que sous les traits crétins d’un barbu-chevelu au sourire béat grignotant ses carottes bio, traînant ses pataugas dans la chèvrerie où quelques mouflets se trimbalent à poil. Et il suffit que le mec fasse un V avec les doigts pour que tout le monde se marre. « Et il est où ?… Et il est où ?… Et il est où le peace-and-love la-la-la-la… » Sûrement pas dans la ceinture de dynamite de celui-ci sur un marché de Bagdad, ni dans la lettre de licenciement de celle-là qui a passé trente ans à vérifier des pneus, ni dans le chargeur de la Kalach’ du pirate somalien, ni dans le regard du grand patron qui doit renoncer à ses stock-options…

Rideau. « Tu vois pas qu’on s’aime pas », chantait déjà Souchon dès la fin de la décennie suivante. Le constat pas aimable. L’anti-fraternitude. Déprimées, réprimées, comprimées, les personnes sont devenues des individus. All you need is… money ? jobs ? stars ? sex ?…

Le besoin d’amour est toujours là. Dieu l’avait compris avant tout le monde. Mais impossible de le joindre, son portable est toujours occupé. Je vous dis pas la tonne de messages sur le répondeur. Alors il nous reste quelques restes. En avant pour une balade magique et mystérieuse sur le toit du bus bariolé, la machine à remonter le temps vous emmène au pays des sous-marins jaunes. « It’s easy… »


1 Comment for this entry

  • Chris

    Mmmhh… très éloquent ! Ca me plaît beaucoup. Ecoute, cette histoire de dieu qui avait compris avant tout le monde m’intéresse… Il y a un texte de chanson là-dessous… tu veux pas t’y pencher ? E perricoloso de se sporgersi mais ça vaudrait le coup de gratter sur ce thème à mon avis. Ton article sous-tend une chanson…

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